Quand tu n'es pas connu, quand tu n'es pas médiatisé comme les grandes vedettes, pour essayer d'obtenir un article dans la presse, il ne te reste qu'à ramer et ramer comme un petit diable.
Jamais ne baisser les bras et toujours continuer à espérer que tout peut changer, que tout va changer.
Je me mis à harceler un journaliste de TLT (Télévision Locale de Toulouse) afin qu'il accepte de faire un reportage sur moi. Il céda à ma pression au bout de quelques semaines. Ce n'est pas un reportage qu'il me consacra mais deux.... J'étais comblé.
Il me présenta comme un personnage atypique et attachant.
Après tous ces obstacles, j'avais fini par réussir ce que je voulais et en plus, j'étais complimenté.....
Sur la place du Capitole, un autre café-concert ouvrit ses portes.
Pour l'inauguration de l'établissement, les patrons mirent en place une grande soirée spéciale. Ils invitèrent tous les grands noms du spectacle, de la politique et des arts qui se trouvaient à Toulouse. Je citerai la présence de quelques-uns d'entre eux parmi cette assemblée de noms illustres : Claude Nougaro, Patrick Sébastien, Ticky Holgado.
Ce soir-là, Nougaro monta sur scène et improvisa la dernière-née de ses chansons,
« Ma cheminée est un théâtre »,
devant un public conquis.
Il devait être vers une heure du matin, un brouhaha fort et lancinant avait envahi le bar.
Tout le monde était plus ou moins grisé par l'atmosphère et l'alcool sans doute.
Toujours est-il qu'on entendait tout ce monde réclamer une chanson de Claude Nougaro était touché par cette marque d'affection. Il accepta de s'exécuter mais avant de commencer, il s'adressa au public
: « Je veux bien vous en in-ter-pré-ter u-ne, à con-di-tion qu'au fond, ils fer-ment leur gueu-le. ».
Puis d'un ton amusé, il ajouta
: « En fai-te, je suis un peu fa-ti-gué et un peu bour-ré ! ».
C'était le soir où je fis la connaissance d'un chanteur parrainé par Claude Nougaro, Yvan. Toulousain d'origine, il avait séduit le grand Claude. Il est venu assister à mes spectacles avec cet enthousiasme qui faisait plaisir à voir. Nous avons mis sur pied un projet d'enregistrement en duo de sa chanson, « Cité pas Toulousain ». Cela ne se concrétisa pas.
Je suis allé voir le tour de chant qu'offrit Claude Nougaro, à sa ville, Toulouse.
Cela se passa sur le quai de Tounis.
Je l'avais déjà vu, quatre ans plus tôt, dans un spectacle aux bords de la Garonne. Il y avait cette fois-là, réunis, tous les jeunes espoirs toulousains. A la fin du spectacle, j'étais allé rencontrer l'artiste dans sa loge pour lui demander de bien vouloir accepter une interview. Il était assis, fatigué, alors gentiment et avec un air amusé, il avait décliné mon invitation. Il était de ceux qui préfèrent la scène à la télé et à tout autre média. Pour en revenir à cette année 1999, ce soir-là la foule avait envahi les quais. Toutes les générations étaient représentées. La Garonne a flirté sous ses notes, le Capitole a tremblé d'entendre le petit taureau chanter et Toulouse tout entière a vibré à l'hymne de notre pays. L'artiste et le public ne faisaient plus qu'un en une chorale tout en harmonie.
Le c½ur est resté fraternel et uni pour Toulouse.